Né en 1918 a Dresde, le petit Laurent coule des jours heureux à l’ombre des hauts murs baroques du Palais Zwinger. Mais un adolescent turbulent vient vite remplacer le petit garçon si calme aux cheveux si rares et, après de nombreux séjours en maison de correction, il se voit contraint de rentrer dans l’armée. Impatient, il commence seul la seconde guerre mondiale en 1937. En 1938, il joue de malchance et se blesse mortellement. C’est pour s’occuper pendant sa convalescence qu’il commence la photo avec quelques feuilles de papier et un crayon. Le succès se fait attendre puisqu’il n’exposera pour la première fois qu’en 1974 à Chassin-sur-Chaussois. Mais cette modeste expérience lui servira de révélateur puisqu’il comprend que depuis toutes ces années, il dessine. Enervé, il se lance à nouveau dans la guerre 1939-1945 en août 1976 mais encore une fois, il se blesse. Il vit reclu dans un petit appartement de la rue Niepce. Navré, usé, ruiné, il abandonne la photo pendant près de dix ans et se consacre entièrement à l’invention d’un appareil qui par un ingénieux système d’optiques saisirait l’instant sur du papier. Il n’y arrive pas car c’est assez compliqué. Il achète alors un appareil à la Fnac Les Halles et c’est le déclic. Il expose dans les plus grandes villes du monde et ses images sont plusieurs fois oscarisées. En 2005, il ne reçoit pas le Pulitzer. Père de deux enfants dont un, il vit actuellement en maison de repos d’où il prend la plupart de ses clichés.